LE FLEUVE
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Le DJOLIBA :
le fleuve NIGER en langue mandingue.
La colonne vertébrale du pays.
Particulièrement entre MOPTI et TOMBOUCTOU
où les voies de communications terrestres se réduisent à des pistes de terre.

Pour rejoindre TOMBOUCTOU par l'autoroute fluviale :
3 possibilités:

Le confort et la rapidité avec les unités de la COMANAV.
Mais le service n'est assuré que jusqu'en décembre ou début janvier seulement, en période de hautes eaux.

La pinasse touristique pour 5 à 15 personnes, aux dimensions modestes qui lui permettent de naviguer sans problèmes par basses eaux.
Toutes deux assurent le trajet de Mopti à Korioume ( le port de Tombouctou) en 1 à 2 jours.

La pinasse de marchands ou pinasse collective qui fait le trajet en 3 à 5 jours selon les aléas des ensablements imprévisibles, mais inévitables et nombreux
et des arrêts dans les villages pour le déchargement des marchandises et des passagers.

C'est cette version
que j'ai choisie.

Entassement des passagers
( cinquante Maliens et un seul toubab) sur les sacs de mil, confort et hygiène très précaires, repas limités à une bassine de riz à partager avec l'équipage, mais l'assurance d'être au coeur de la vie du fleuve.

On quitte Mopti en fin d'après-midi.
Le chargement a été interminable,
la pinasse ne dépasse plus que d'une dizaine de cm.
la surface de l'eau. Mon voisin de sac ,
Adama HAMIDOU,
est un jeune garçon de GAO, étudiant dans une école technique agricole.
Il va rejoindre de la famille à DIRE à environ 200 km. sur le fleuve.Ce sera un compagnon précieux, car pratiquement le seul à parler correctement le français.

On rencontre villages de pêcheurs Bozos et troupeaux de nomades Peuls.
Le NIGER est large de plus d'un km., calme en l'absence de vent, mais sa profondeur à cette époque de l'année n'excède souvent pas 1m.

D'où la présence en permanence, à la proue, d'un sondeur pour guider le pilote dans sa recherche du bon passage.

Malgré l'habileté du pilote et sa connaissance du fleuve, la pinasse surchargée, s'échoue toutes les deux heures environ sur des bancs de sable. Comme il faut à chaque fois une heure et demie de gros efforts pour la dégager, notre progression durant la première nuit et la matinée qui suit a de quoi m'inquiéter. J'en viens à envisager un voyage de plus près de deux semaines que les 4 à 5 jours annoncés.

Et ce d'autant plus que toutes les embarcations que nous croisons, nettement moins chargées que nous ,
il est vrai, naviguent apparemment sans encombres.

Par bonheur, il ya les villages, les vendeuses de poissons grillés.

Puis, tout s'arrange, au soir du 2e jour
on atteint le lac DEBO.
L'eau est plus profonde, on file à bonne allure.

Et le paysage est somptueux au crépuscule.

DANGA

Une dernière étape avant TOMBOUCTOU ou plutôt son port KORIOUME.

Chaque sac faisant 100 kg.,
le porteur, qui en a déchargé une bonne trentaine, a dû sentir son dos.

Notre pinasse était quasiment vide après cette escale.