Le Liban

de Tripoli à Beirut

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Le LIBAN
à fin avril était encore calme à l'entrée à Tripoli ,
rien ne laissait présager la flambée de violence du HEZBOLLAH au début mai 08.

TRIPOLI montrait ce mélange de tradition et de modernité propre à toutes les grandes villes du Moyen-Orient.

Au coeur de la vieille ville, la pension HADAD,
dirigée par Mme LODI, était un hâvre de paix
et de chaleur humaine. Petits soins, adresses, conseils de visite dans un français parfait.

La Côte, dans les environs de BYBLOS, était magnifique.

Puis est arrivée BEIRUT.

Je ne connais pas le sens des paroles de la chanson de Fairuz mais elle m'émeut comme un hymne poignant à une ville aimée.

Avec son destin tragique Beirut me fascinait, malheureusement trop de malheurs lui ont ravi son âme.Je m'y suis senti immédiatement mal à l'aise au milieu des reconstructions tapageuses, de l'étalage de la frime et du fric, des énormes 4x4 et des HarleyDavidson des jeunes branchés, de l'omniprésence de la circulation sur les boulevards démesurés, de l'absence presque complète de piétons, de gens simples, de cafés, de petites échoppes.

Il n'y a guère qu'à Gemmayze, dans le quartier chrétien, Rue Gouraud, qu'on retouve un peu le Beyrouth d'antan. Vieux quartier architecturalement encore un peu préservé, mais déjà envahi de bars, discos, pubs branchés.
J'ai passé un agréable moment dans le calme du café " Le Rouge " à lire la sentence de Cocteau.
( " Les miroirs feraient mieux de réfléchir un peu avant de renvoyer les images . " )

La mosquée AL AMIN, financée par Rafiq Hariri , resplendit sur le côté de la Place des Martyrs.
On retrouve cette belle pierre jaune dans tous les immeubles reconstruits de" Downtown ".
Cela a de l'allure, mais ça ne suffit pas à redonner une âme au centre-ville.

Sur l'ancienne " Ligne de démarcation ".
" 600 cuvettes de W-C alignées dans un terrain vague du centre - ville "
Artiste : Nada SEHNAOUI, qui travaille sur les concepts de la guerre,
de la mémoire publique et de l'oubli collectif, commémore par son installation , la date du 13 avril.
Pour elle, comme pour l'écrasante majorité des Libanais, guerre rime avec toilettes. Alors, en ce temps où les menaces de ( petites ou grandes) guerres sont plus que jamais brandies, Sehnaoui ose poser une question cruciale :

15 années, cachés dans les toilettes n'ont-elles pas suffi ?

Dans L'Orient, le jour du vendredi 11 avril 2008.

http://www.nadasehnaoui.com/index.php